vendredi 20 novembre 2015

Ces petites choses dont vous vous fichez complètement

J'ai essayé de lire le coran, pleine de bonnes intentions et d'envie d'apprendre. J'ai rien compris. Donc j'ai regardé la dernière vidéo de SLG. Fail.

J'ai vu un opossum manger des restes de domac dans la rue. Picture perfect.

Grosse motivation, je révise en regardant C'est pas sorcier. D'ailleurs, dans l'épisode, Jamy porte cette chemise. Wait. Si "C" pour "coeur", B pour... Nonnnnnnnnn...!


Je suis montée à pied jusqu'au dernier étage d'un immeuble, dans un souci d'économie d'énergie et parce que ça fait pas de mal à mon endurance d'huître à l'agonie. Arrivée sur le pallier, l'alarme incendie s'est déclenchée. Tant d'efforts et de bonne volonté réduits à néant en une poignée de secondes. Tragique.

Sasuke et sa pote (meuf qui a des pouvoirs de merde et sert à rien, évidemment, c'est une meuf, faut pas non plus s'attendre à un tournant féministe dans ce bordel de manga) sont allés à Berlin sans le savoir.

Je pars en camp scout itinérant pour trois semaines à vélo avec des 14-17. Lol.

En l'espace de sept jours, je vais retrouver mon copain pas vu depuis 8 mois, fêter mon 24eme anniversaire, passer un oral d'admission dans la fonction publique qui décidera de mon avenir à plus ou moins long terme et avoir mes règles. Semaine de fifou en perspective.

J'ai été invitée à ma première soirée de retrouvailles du lycée. Ça y est, nous sommes officiellement vieux.

Je suis allée à la gare. Je me suis rendue compte que j'avais pas mon pass navigo. Je suis retournée à la maison. J'ai retourné ma chambre. J'y ai pas trouvé mon pass. J'ai glissé mes mains dans la poche arrière de mon jean. J'ai trouvé mon pass. Je suis repartie à la gare.

Je me suis fait larguer, j'ai raté mon concours et j'ai plus de batterie sur mon ipod. Ma vie est tellement bien.
Trump a gagné. Et on me demande sérieusement de croire en l'avenir...?

Quand je lis un article sur McCain, l'homme politique américain, j'ai envie de manger des potatoes.

C'est quand tu te retrouves à lire à 00h13 un arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne portant sur des motocyclettes et leurs remorques que tu te rends enfin compte que ta vie manque cruellement de sens.

Revenir d'Amsterdam avec, comme souvenir, une blessure au pied. L'échec.

J'ai passé 2h à choisir soigneusement des livres à la bibliothèque avant de me rendre compte que mon abonnement était périmé.

Jour 1 : douleur intense. Jour 2 : flot continu. Non non, je me suis pas refait larguée, j'ai juste arrêté la pilule.

Un mec de blablacar a refusé de me prendre en covoit. J'en suis très vexée.

Je me suis bêtement retrouvée coincée dans ma propre chambre.


Le verre "baptême" de la Belette qui tête nous a valu la syncope d'un pote et l'arrivée à son secours et toutes sirènes hurlantes des pompiers. Mélanger rhum et piment n'est pas une bonne idée, a fortiori encore moins de servir la mixture à un type allergique à l'un des excipients à effet notoire précités.

Quand même Facebook te laisse tomber à 2:20 un samedi soir


Une de mes aventures d'un soir s'est pointée à ma caisse, je ne l'ai reconnu qu'au moment où, lui expliquant le système des joker et étoile + de la Française des jeux, il m'a demandé "la totale". Flashback immédiat.

Coucou la mifa

J'ai voulu me créer un nouveau blog. Et puis j'ai eu la flemme. Genre, la grosse flemme. Douze mille hébergeurs, quinze milles mises en page possible, trois milliards de potentiels titres : c'était beaucoup trop de travail pour moi.

Donc voilà. I'm back, babe.

Je suis en Australie, à Sydney. Et j'avais teeeerriblement besoin de partager des petites choses de mon quotidien, comme ça, sans prétention.

Par exemple, je me suis englouti la première saison de Jane The Virgin. Et les 5 épisodes de la saison 2 disponibles sur zone téléchargement. Ce truc est hautement addictif. Quoi de plus addictif ?

...les sandwichs au cheddar que les héroïnes s'enfilent goulument à chaque épisode.

Voyez-vous, je suis dans qui dirait un pays légèrement influencé par la culture américaine. Il se trouve que le rayon fromage se constitue exclusivement de cheddar mature, cheddar jeune, cheddar entre deux-âges, cheddar au paprika, cheddar au dentier de ta grand-mère. Du coup, bah, faut bien s'adapter hein. Donc jme suis lancé dans la confection des sandwichs au cheddar de Jane The Virgin. Une poêle chaude. Du beurre dans la poêle chaude. Une tranche de pain de mie qui fait un câlin à une tranche de cheddar. Et hop. Dans mon ventre. D'ailleurs y en a actuellement sur le feu.

Puis bon, jsuis à Sydney, merde. Chez moi il fait beau. Genre, vraiment beau. Un grand soleil, un ciel bleu à perte de vue, pas un seul nuage pour gâcher le paysage...ou empêcher les UV de rôtir ma petite peau délicate. Je suis ÉCREVISSE les gars, ouaip ! Et ça fait putain de mal. Punition divine pour m'être moquée de la fesse rosée d'une meuf en string sur la plage.

Donc soyez pas jaloux. Ici la bière coûte cher, et j'ai mal au cul à chaque fois que je débourse 8$A pour un demi. Bientôt une pintounette à 5€ en terrasse, ladies.

Love you.

vendredi 18 juillet 2014

Vienne ne voulait plus de moi

Je suis rentrée mardi. Et putain, ce trajet était bien trop épique pour tomber dans l’oubli. 

Un peu comme à chaque fois que je prends l’avion à un horaire avantageux niveau dépense en pépettes (« décollez à 6h du matin et économisez 300€ /o/ »), et aussi très certainement à cause du chaos émotionnel qu’un déménagement peut causer chez toute personne un temps soit peu dotée de sensibilité, j’ai été incapable de fermer l’oeil de la nuit. Coincée entre envie de profiter de chaque seconde restante, peur de ne pas me réveiller à temps et excitation du voyage, j’ai sincèrement remercié du fond du coeur mes insomniaques d’amis qui m’ont filé un bon coup de main dans le meurtre organisé du temps (Skype, mon amour). 

Restée parfaitement éveillée toute la nuit durant, c’est évidemment au moment de quitter définitivement mon chez-moi que le coup de barre tombe. La tête dans le cul et mes 21 kg de bagages sur le dos, je me traîne donc vers l’arrêt de bus. Jusque là, aucun problème : le premier bus de nuit arrive pile à l’heure, l’interconnexion avec la seconde ligne nocturne se fait sans souci et je débarque même cinq minutes en avance sur le quai de Landstrasse/Wien Mitte pour attendre la première navette du jour vers l’aéroport. À 4h30 du matin, autant vous dire que l’ambiance était démente. Au moins l’aspect positif résidait dans ma quasi-solitude à l’intérieur du wagon, me laissant large choix de places pour poser séant et surtout l’intimité nécessaire pour laisser libre court à toutes mes émotions. C’était déjà avec nostalgie que j’ai admiré une dernière fois les lumières de la raffinerie défiler devant la fenêtre du train, avec en fond le ciel aux teintes pâles du soleil levant et le reflet d’un abruti me faisant des clins d’oies dégueu en croyant être l’objet de toute mon attention. Ce connard a réussi à briser un moment d’une beauté irréel en un éclair. Croiser mon regard dans le reflet de la vitre a dû être pour lui l’équivalent d’une invitation à s’assoir en face de moi et je me suis payée M. Relou jusqu’à ma destination finale. À croire que Vienne avait à coeur de me faire une petite piqûre de rappel avant que je ne retrouve nos grands amis les dragueurs du métro français. 

C’est sur un « je suis arrogante parce que je suis française » que je suis parvenue à planter machin et à me diriger d’un pas un peu trop pressé pour être serein vers les check-in. Et les emmerdes ne faisaient que commencer.

Évidemment, je me suis plantée de hall. Sortie hall 1, il a fallu que je traverse tout l’aéroport pour me retrouver au hall 3, check-in d’Austrian Airline. Je pensais naïvement qu’à 4h du matin, j’aurais tous les agents d’accueil à mon entière disposition. Que nenni. C’était sans compter sur le mois de juillet et son flot intarissable de vacanciers excités. Épuisée par mon manque de sommeil et le petit coup d’adrénaline provoqué par M. Relou, la file d’attente de 20 minutes a achevé d’épuiser mes réserves. En conséquence, j’ai laissé choir mon sac à dos du poids d’un Saint Bernard mort sur mon pauvre petit bras déjà courbaturé, qui s’est bien vite auréolé de bleu. Joie. Incapable de remettre la chose sur mon épaule (et puis faut pas trop compter sur la Nachhilfe de nos potes austros hein), mon pauvre Quechua a vécu un sale quart d’heure à frotter sa face contre le sol en lino. Hissant avec peine la bête sur la balance, je constate avec soulagement qu’elle ne dépasse pas les 23kg autorisés, mais sens immédiatement mon soulagement s’évaporer quand l’hôtesse me redirige malgré tout vers les oversized, 30 mètres plus loin. « Vous comprenez, il n’a pas une forme standard, il bloquerait le tapis roulant ». J’vois pas en quoi un sac à dos 70 litres affublé d’un Eastpack ligotés à ses lanières et d’un duvet pour le couronner n’a pas une « taille standard ». Oui, c’est de la mauvaise foi. Mais y a pas que moi qui en est fait preuve ce matin-là.

En effet, les hasards de la vie ont voulu que l’équipe slovaque de tir à la carabine prenne pile ce jour l’avion pour aller Dieu seul sait où et bloque le comptoir des oversized pendant 40 minutes. Arrivée à ce stade, je savais plus trop si je devais rire ou pleurer. La fatigue l’emportant sur le reste, c’est du soulagement que j’ai ressenti derrière les contrôles, le tiers de mon poids étant (enfin !) déposé aux oversized et mon imprimante étant passée comme bagage à main comme une lettre à la poste. Pas de check du poids de la bête, pas de question concernant ce que la valise contenait : au - poil. 

Heureuse de m’être débarrassée de tous mes problèmes, je m’avance d’un pas léger vers ma porte d’embarquement. Étant bien en avance, je me fais déjà un plan de grosse sieste sur les fauteuils, pépère. Porte 37F. Dommage qu’ils n’aient pas précisé à l’enregistrement que cette putain de porte se trouvait à 3km à pied des contrôles. Ou 20 minutes de marche. Bref. Dire que c’était LOIN quoi. Porte finalement atteinte, je largue mes bagages sur un siège de la salle d’attente et, histoire de me récompenser de mes efforts du matin, je file aux distributeurs me prendre un jus de fruit. Ma pièce de 2€ reste coincée dans la machine et mon ACE ne m’a finalement coûté que la modique somme de 4,50€. Joie suprême, un bébé hurle dans ma salle d’embarquement, réduisant à néant mes espoirs de sommeil. C’est exactement à ce moment que j’ai compris le message que Vienne me lançait : elle n’essayait pas de me retenir, elle était juste pressée de me voir partir. 


J’pensais du coup qu’au moins Paris serait heureuse de me retrouver. Mais bon. Prenez le RER. Prenez un moustique. Mettez-le dedans et n’ayez aucune crainte, la meuf qui se fera piquer quatre fois, ce sera moi. Bienvenue en France.

dimanche 11 novembre 2012

DVC


« Ça commençait par "Clémentine", et c'était le plus beau prénom de femme qu'on pouvait imaginer, mais je n'ai pas osé lui dire ; ça ne me regardait pas. »
Un aller simple, Didier van Cauweleart



ça te représente tellement bien hahaha

mardi 11 septembre 2012

Szziiiiiiiget

Le pire, quand même, dans l'histoire, c'est que c'était un festival de musique rock. Et moi, les musiques qui m'y font penser, c'est Lykke Li et Nicki Minaj.

Oh et puis peut-être celle-là aussi...

"So what we get drunk
so what we smoke weed
we're just having fun
we don't care who sees..."

dimanche 9 septembre 2012

CECI EST UN MESSAGE DE BIENVENUE A TOUS NOS KAMARADS





Un grand jour est arrivé. En effet, après des mois de désertation (je suis en lettres et j'invente des mots, toutafait), je me décide enfin à venir faire un tour sur notre cher pample et que vois-je dans l'onglet statistiques du mois? Nous avons DEUX VISITEURS DIRECT FROM RUSSIE les gens!

La preuve :




Deux kamarads nous ont retrouvé je ne sais pas comment ni ce qu'ils recherchaient, mais ils sont là. Ils ont peut-être tapé "grosses" sur google ou "Lodève" (très intéressant ce dernier article Mgx, les Lodèvois doivent-être fiers, grâce à toi ils sont ENFIN représentés sur l'internet. Du moins sur le pample, et c'est déjà beaucoup.). Quoiqu'il en soit ça m'fait un gros plaisir donc j'ai décidé d'honoré nos amis Viktor, Petrouchka et autre amateurs de vodka pure, je vais apprendre MOI-MÊME de façon seule et autodidacte tout de suite maintenant à parler Russe et je traduirai ce texte toute seule, tout ça pour leur dire que je leur fait de gros bisous sur les fesses.

Великий день настал. Действительно, после нескольких месяцев désertation в письмах, и я придумал слова, toutafait), я, наконец, решил приехать покататься на наш любимый грейпфрут и что же я вижу на вкладке статистики? У нас есть два посетителя DIRECT от людей, РОССИЯ! Два kamarads нашли я не знаю, как и что они хотели, но они есть. Они могут быть напечатаны на Google или грейпфрут Lodève (последняя статья очень интересная Mogs, Lodévois должны гордиться, благодаря вам они, наконец, показали в интернете., По крайней мере на грейпфрут, а это уже много .). Независимо от Hurts большое удовольствие, поэтому я решил в честь наших друзей Виктора, Петрушка и другие любители чистой водки, я буду учиться себя так одиноко и самоучка, и я говорю на русском перевести этот текст в покое.



Voilà, y a peut-être quelques fautes d'orthographe par-ci par-là mais on va pas chipoter hein.




Если русские проходят мимо, и они понимают меня, я поцелуи на дне, и вы положили много солений в моих кур рот.





 SANTÉ!




lundi 20 août 2012

Lodève

On aurait pu croire que je parlerai du Sziget. Et j'en parlerai, n'ayez crainte (mais uniquement quand mes photos seront développées ; sans image, pas d'intérêt). Mais j'ai plutôt envie de partager une expérience marquante de ma lennnnnte remontée de la France.

L'étape à Lodève.

Déjà, Lodève, personne sait ce que c'est. Même Google me le souligne de ses petits pointillés rouges, l'air de dire "hummm non, j'crois pas non, Lodève, ça n'e-xi-ste-pas". Ben malheureusement, cher ami Google, malheureusement SI, ÇA EXISTE. Lodève, c'est un petit patelin coincé entre le Larzac et l'Auvergne. Rien que ça devrait donner l'envie de se suicider à n'importe quel quidam normalement constitué. Et bien non, à Lodève, il y a des habitants. Qui y vivent à l'année. Genre, normal. Leur vie se résume à se rouler dans les steppes brûlées et à faire du shopping à Carrefour Market, ça les satisfait bien. Normal. Pourtant comme ça, à première vue, Lodève c'est plutôt mignon, dans le genre pittoresque et brave campagnard. Ça a de la vieille pierre, ça a du relief. L'autoroute est pas si près, le charme bucolique est pas totalement rompu. Et puis le parachèvement de l'art paysan se retrouve quand même chez les gens. Leur ton bourru et leurs manières brusques. Non mais croyez pas que je fasse du racisme et tout hein (après tout je suis auvergnienne...), mais quand même. Je me suis même demandée s'ils ne le faisaient pas un tout petit peu exprès. Du genre, "on fait les paysans pleurnichards pour touristes en vadrouille dans des contrées inhospitalières et sauvages". Pour qu'on ait du cachet, du vrai, et célébrer le retour aux sources. Une connerie dans ce goût-là. Mais bon, j'ai dû être honnête avec moi-même, et ouvrir les yeux sur leurs tshirt Diesel et leur jean H&M. Tout ça n'était pas prémédité, non. C'était simplement l'image de leur antipathie notoire pour tout être étranger à leur si charmante commune.

Mais bon. Lodève pâtit sûrement de nos heures de pérégrinations entre les embouteillages et les itinéraires bis à la con. Peut-être que nous étions un peu fatigués, un peu énervés d'avoir perdu tant de temps à ne pas avancer. Peut-être que nous étions tout simplement les clients chiants et exigeants que j'ai envie de d'empaler sur un pilori quand ils osent pointer le bout de leur nez à ma caisse. Peut-être, donc, que personnes n'avaient envie d'être aimable avec nous. Admettons. Ça n'empêche que quand même, Lodève restera dans les annales. Nous arrivions le coeur emplit de bons sentiments, heureux de retrouver l'usage de nos jambes engourdies par des heuuuuuures interminaaaaaables de voiture, gais à l'idée de s'asseoir devant une table, extatiques en imaginant les plats préparés rien que pour nous arriver devant nos minois ravis... C'était sans compter sur les autres vacanciers. Qui avaient, bien sûr, déjà pris NOTRE place aux terrasses. Déçu, on a cherché dans l'immense (ironie) centre ville de Lodève d'autres endroits pour nous restaurer, et c'est avec plaisir, finalement, que nous avons jeté notre dévolu sur des salades et sandwichs Carrefour Market. Faut dire que c'est l'unique endroit où nous avions trouvé pitance. Sinon, à chaque porte on nous disait que c'était complet, qu'ils n'avaient plus rien. À croire qu'ils s'étaient passés le mot. On a trainé nos âmes misérables jusqu'à un café, où, pris de pitié, le patron nous a laissé nous installer pour déjeuner. Enfin. Après qu'on ait eu affronté son redoutable serveur. Le mec était monotâche. Prendre une commande et installer des gens en même temps relevait de la mission impossible pour lui. Sans-dé-co-nner. Il a eu l'air paniqué en nous voyant tous arriver. Comme pris au piège, il a de suite lancé un "mais on n'a pas de café hein !!" comme un banquier dirait qu'il n'a pas de billets. Sauf qu'en fait, ben, c'était pas une blague. La machine à café était vraiment cassée. Vous y croyez, vous, à un café qui ne sert pas de café ? Moi j'ai ri. Je me suis imaginé la tête des gens si je leur sortais que j'avais pas de cigarettes dans un bureau de tabac. Et puis j'ai un peu moins ri quand le gars à enchaîné sur le "on n'a pas de citron pour votre Perrier", puis quand il est revenu une deuxième fois s'assurer de notre commande d'une complexité redoutable "un Orangina c'est ça ? Et un diabolo citron ?", puis quand il a commencé à ranger les parasols et les tables de la terrasse. À treize heure trente. On a supposé que c'était l'heure de la sieste. Jusqu'à...

Jusqu'à ce que, oh ! rebondissement !, un ptit vieux à béquille ait la soudaine envie de prendre un verre de rosé (à défaut de café...) à la table jouxtant la nôtre. Bavoui, ça aurait été bête d'en choisir une autre, puisqu'on était les seuls clients du "café". Manquant de place, il pousse sa chaise contre celle de Laurence. Qui n'avait pas vraiment plus de place. Mais qui, bonne pâte, accepte quand même de se serrer le bide contre la table dégueu. N'allez plus dire que nous n'avons pas le coeur sur la main. À cet instant, je pensais sincèrement qu'on avait touché le fond. Mais Lodève est pleine de ressources...

Un AUTRE petit vieux est passé à proximité de nous, et s'est senti dans l'obligation impérieuse de nous adresser une parole. Parole ("vous pensez pas en avoir trop ?") que personne n'a compris de la même façon tellement elle était claire et judicieuse. La version de Manon donne "dégagez de mon chemin, ma majesté désire passer". La version de Pierre a rendu "trois femmes pour un homme, c'est un peu trop". La mienne relevait d'une nécessité vitale "donnez-moi votre nourriture". Ce qui, dans les trois cas, amenait, au mieux, une réponse négative, au pire, un regard de truite desséchée. Je pensais qu'on raclait les tréfonds du pire. C'était sans compter sur l'état de propreté des sanitaires. Mais je préfère ne pas m'appesantir sur ce point. Je me contenterai de dire que ça pouvait rivaliser avec les toi-toi, mais dans un café, avec du tout-à-l'égout et la possibilité, en temps normal, de maintenir ces lieux en un état de propreté correct. Car, oui, je doute fortement que 400 000 culs se posent sur les chiottes de Lodève. Mais c'est une simple présomption.